L’adoption de l’IA en Tunisie progresse, mais les études de 2026 décrivent des entreprises plus équipées que transformées. Les outils numériques sont là, alors que les projets qui créent de la valeur restent rares. Ce constat rejoint d’ailleurs celui que dressent les enquêtes mondiales.
Cet article rassemble les chiffres sur l’IA en Tunisie publiés entre mai et septembre 2026. Il les compare à ceux des pays voisins, puis propose une feuille de route pour une PME.
L’essentiel en bref
- Selon l’ITCEQ (mai 2026), 7,8 % des entreprises tunisiennes affichent une forte maturité numérique, propice à une intégration de l’IA à grande échelle.
- Le baromètre EY 2026 indique aussi qu’un tiers des organisations n’alloue aucun budget à l’IA.
- Microsoft mesure un usage de l’IA générative par 13,9 % de la population en âge de travailler au deuxième trimestre 2026, contre 18,8 % dans le monde.
- Enfin, les freins portent sur le financement, les compétences, les données et la conduite du changement.
IA en Tunisie : ce que mesurent les études de 2026
L’Institut tunisien de la compétitivité et des études quantitatives (ITCEQ) a publié en mai 2026 sa note d’analyse n° 78 sur l’intégration de l’IA et des technologies avancées. Business News et L’Économiste Maghrébin en ont détaillé les résultats. Ainsi, 76,2 % des entreprises privées disposent d’un site web, 72,5 % utilisent des outils de gestion numériques et 60 % des plateformes collaboratives.
Le paradoxe apparaît ensuite. 86 % des entreprises voient dans les nouvelles technologies un levier d’innovation, mais 19 % seulement déclarent au moins une innovation. La note distingue par ailleurs cinq profils.
- 40,1 % présentent une capacité d’absorption fragile.
- 32,5 % sous-exploitent leur potentiel numérique.
- 13,7 % utilisent surtout la technologie pour l’exploitation courante.
- 7,8 % atteignent une forte maturité numérique.
- 5,8 % affichent une capacité d’absorption très faible.
Le baromètre EY 2026, présenté le 7 mai 2026 et relayé par Managers, complète ce tableau. Un tiers des organisations n’alloue aucun budget à l’IA. En outre, 4 % seulement des entreprises disposent d’une gouvernance de l’IA pleinement intégrée.
L’IA en Tunisie face à son voisinage nord-africain
L’AI Economy Institute de Microsoft publie chaque trimestre un rapport sur la diffusion de l’IA. Il mesure la part des 15-64 ans qui a utilisé un produit d’IA générative sur la période. Le rapport de septembre 2026 donne les valeurs suivantes pour le deuxième trimestre 2026.
- Égypte : 15,5 %.
- Libye : 15,5 %.
- Tunisie : 13,9 %, contre 13,5 % au premier trimestre.
- Algérie : 13,8 %.
- Maroc : 12,0 %.
La moyenne mondiale s’établit en revanche à 18,8 %. Le rapport oppose aussi les pays du Nord (28,8 %) à ceux du Sud (16,2 %). Au premier trimestre 2026, la Tunisie occupait le 8e rang africain et le 79e rang sur 115 économies, selon ilBoursa.
Ces chiffres décrivent des usages individuels, pas des projets d’entreprise. Ils montrent néanmoins des pays voisins proches les uns des autres, tous sous la moyenne mondiale. L’écart avec les marchés les plus avancés se joue donc dans l’usage professionnel structuré.
IA en Tunisie : les freins que citent les dirigeants
La note de l’ITCEQ classe d’abord les obstacles à la transformation numérique. 70,9 % des entreprises citent le manque de ressources financières, 63,3 % le déficit de compétences numériques et 58 % la résistance au changement. Pourtant, 11 % seulement ont bénéficié d’un programme public de soutien à la recherche et développement.
Le baromètre EY 2026 confirme cette hiérarchie pour l’IA. Le manque de compétences arrive ainsi en tête (20 %), devant les contraintes budgétaires (18 %). Viennent ensuite la qualité et la disponibilité des données (13 %), puis la cybersécurité avec la protection des données (11 %).
Le cadre public évolue aussi. Selon African Manager, le ministre des Technologies de la communication a présenté le 10 juillet 2026 à Genève les axes de la stratégie numérique 2026-2030. L’article ne mentionne toutefois pas d’objectif chiffré pour les entreprises.
De l’essai à l’usage : une feuille de route réaliste
Dans une tribune parue dans Leaders le 28 août 2026, Mohamed Taieb Habaieb invite les entreprises à se demander quel problème résoudre plutôt que quel outil acheter. Cette approche se traduit en cinq étapes.
- Choisir un problème précis : par exemple le délai de réponse aux clients, la saisie des factures ou les ruptures de stock.
- Mettre les données en ordre : un logiciel de gestion à jour constitue le meilleur point de départ.
- Lancer ensuite un pilote limité, avec un indicateur de résultat et une date de bilan.
- Former les équipes à la vérification des réponses et à la protection des informations confidentielles.
- Fixer des règles d’usage : quelles données un collaborateur peut confier à un outil public.
Trois erreurs freinent cependant les projets : acheter des licences sans cas d’usage, laisser chaque collaborateur choisir seul ses outils et attendre un budget idéal avant d’agir. Un pilote modeste et mesuré convainc mieux qu’un grand plan.
Le point de vue d’AISYSNEXT
Depuis Tunis, notre lecture de ces chiffres est encourageante. Le socle existe en effet : près de trois entreprises sur quatre utilisent déjà des outils de gestion numériques. L’enjeu de l’IA en Tunisie consiste donc à exploiter ces données, pas à tout reconstruire.
Notre pôle agence IA et BI en Tunisie part d’un problème métier et d’un indicateur. Lorsque le socle de gestion manque, notre service d’intégration ERP et CRM le met en place avant tout projet d’IA.
La compétence reste le premier frein que citent les dirigeants. Nos formations et notre plateforme ailearn.tn accompagnent la montée en compétence des équipes. Découvrez aussi nos expertises pour situer votre projet.
Questions fréquentes
Les entreprises utilisent-elles déjà l’IA en Tunisie ?
Beaucoup la testent, mais peu la déploient à grande échelle. L’ITCEQ estime à 7,8 % la part des entreprises qui présentent une forte maturité numérique. L’usage individuel de l’IA en Tunisie progresse plus vite que les projets structurés.
Quel budget prévoir pour un premier projet IA ?
Aucun montant standard n’existe : tout dépend du cas d’usage, de l’état des données et des outils en place. Commencez donc par un pilote limité, avec un objectif mesurable. Un devis précis suppose un cadrage préalable.
Par quel service commencer ?
Choisissez le service où une tâche répétitive consomme le plus de temps et où les données existent déjà. La relation client, la comptabilité fournisseurs et la gestion des stocks offrent souvent de bons candidats.
Vous voulez situer votre entreprise dans l’adoption de l’IA en Tunisie et identifier un premier cas d’usage ? Contactez notre équipe d’experts : nous échangerons d’abord sur vos priorités.
Sources
- Business News – Intelligence artificielle en Tunisie : des entreprises connectées, mais encore peu innovantes (27 mai 2026)
- L’Économiste Maghrébin – IA et digitalisation : les entreprises tunisiennes freinées par le manque de moyens et de compétences (6 juillet 2026)
- Managers – Baromètre EY 2026 : pourquoi l’IA peine encore à décoller dans les entreprises tunisiennes (7 mai 2026)
- Microsoft AI Economy Institute – Global AI Diffusion, Q2 2026 Trends and Insights (septembre 2026)
- ilBoursa – La Tunisie, 8ème pays africain en matière d’utilisation de l’IA générative (29 mai 2026)
- African Manager – La Tunisie mise sur l’IA, la souveraineté des données et l’investissement dans sa stratégie numérique 2026-2030 (11 juillet 2026)
- Leaders – L’IA dans l’entreprise tunisienne : le vrai défi commence après ChatGPT (28 août 2026)




